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Ciné-conférence : Le procès de Jeanne d’Arc

21 septembre à 18 h 30 min - 23 h 00 min

| 5.5€

Jeudi 21 septembre à 18h30

Dans le cadre du cycle de conférences Dernières nouvelles de demain organisé par le Conseil Départemental du Puy de Dôme

Ciné-conférence de Ludovic Viallet : Présumées coupables

LE PROCES DE JEANNE D’ARC

En 1ère partie : Le procès de Jeanne d’Arc, de Robert Bresson, 1962

Evocation, parmi une dizaine, du procès de la célèbre pucelle d’Orléans où Robert Bresson s’est servi de textes authentiques du procès de condamnation, de dépositions et témoignages du procès de réhabilitation.
France – 1962 – 1h15 – VF

Présumée coupable, la femme l’est dès l’origine dans le monde occidental chrétien, puisque la lecture qui est faite du livre de la Genèse la rend responsable de la Faute ayant entraîné l’expulsion du premier couple hors du jardin d’Eden. Pendant des siècles, son image va ainsi osciller entre deux pôles, la sainte (Marie) et la pécheresse (Ève), l’Église et les intellectuels façonnant au cours du premier millénaire un modèle de vie fondé sur la procréation, les bonnes mœurs, la fidélité et l’obéissance envers l’époux.

Ce modèle était une véritable prison, puisque le moindre écart par rapport à la norme faisait tomber dans l’a-normalité ; or, dans une société médiévale de plus en plus normalisée et normalisante, cela rimait très vite avec exclusion et répression.  Considérées par les clercs comme des êtres imparfaits — plus fragiles et plus exposés  aux assauts du démon — les femmes (guérisseuses, accoucheuses ou simples filles en butte à la jalousie de leurs voisines ou la convoitise des hommes) furent particulièrement touchées par la Chasse aux sorcières poursuivie en Europe du XVe au XVIII e siècle. Celle-ci ne fut pas qu’une affaire de misogynie, mais reposa souvent sur des processus éminemment politiques, grâce à un crime imaginaire et absolu servant à tout — ou à tout condamner. Le fait même que les femmes y aient été des cibles très largement majoritaires en dit long sur leur fragilité sociale, au point de constituer souvent de simples boucs-émissaires de l’honneur blessé des hommes. Ce qui fit tomber Jeanne d’Arc fut, bien davantage que l’accusation de sorcellerie, le refus de se soumettre à l’autorité des clercs et le fait de ne pas être restée à sa place.

Comment s’étonner, dans ces conditions, que la sécularisation de la société occidentale n’ait pas totalement effacé cette macule originelle faisant de la femme une traitresse en puissance — celle qui tue par le poison, détruit par l’incendie, collabore par le vice ? Plonger dans l’histoire, pister des images, des motifs et des archétypes peut permettre de faire la part, entre la réalité des faits (il y eut des femmes coupables…), le poids de la domination des hommes et de très vieilles psychoses collectives.

Ludovic Viallet est Maître de Conférences habilité en Histoire médiévale à l’Université Clermont-Auvergne. Spécialiste de l’histoire sociale et religieuse de la fin du Moyen Âge, il a publié ou dirigé plusieurs ouvrages, dont récemment, à destination d’un large public, Sorcières ! La Grande Chasse (A. Colin, 2013), Saint François  d’Assise et Sainte Claire (Le Figaro / Presses de la Renaissance, 2016-2017).

 

 

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Détails

Date :
21 septembre
Heure :
18 h 30 min - 23 h 00 min
Prix :
5.5€

Organisateur

Cinéma le Rio

Lieu

Cinéma Le Rio
178 rue Sous les Vignes
Clermont-Ferrand, 63100 France
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Téléphone :
04 73 24 22 62